Le discours de Mme Marois… que j’aimerais entendre

Si Madame Marois disait quelque chose comme:

«Mes chers amis, concitoyens, concitoyennes,

Grâce aux étudiants du Québec, nous avons vécu des moments historiques ce printemps. Je vous ai entendu, de Gatineau à Gaspé, de Valleyfield à Kuujjuak. J’ai partagé votre colère, votre indignation, votre révolte.

J’ai aussi senti le vent d’espoir. Je vous ai entendu signifier, par la voix de vos casseroles, votre refus de laisser un gouvernement abuser de ses pouvoirs pour vous museler, pour vous diviser, pour matraquer et poivrer notre jeunesse.

J’ai compris que vous vouliez que le Québec entre dans l’économie du XXIè siècle : une économie prospère, juste, équitable, qui ne laisse personne pour compte, qui ne saccage pas nos ressources, qui sait au contraire les mettre en valeur.

Mes chers amis, le Québec est un grand et magnifique territoire. Nous sommes riches de nos forêts, de nos rivières, de nos montagnes. Nous sommes riches de notre intelligence. Nous sommes riches de notre solidarité. Nous sommes riches de notre ouverture au monde et de la diversité de notre population. Nous sommes riches parce que, nous l’avons magistralement montré ce printemps, nous nous tenons debout, ensemble, face à l’injustice, au mépris et à la violence de l’État. Nous sommes riches, parce que nous avons repris espoir en notre capacité d’infléchir le cours des choses.

Au cours de ma longue carrière politique, j’ai vu bien des politiciens passer, des bons comme des moins bons. J’ai vu bien des situations, bien des grèves, bien des manifestations. Mais jamais n’ai-je connu un mouvement populaire aussi fort et aussi émouvant. Vous étiez jusqu’à 250 000 dans les rues, pacifiquement, à réclamer qu’enfin le gouvernement se décide à représenter votre voix. La hausse spectaculaire et exagérée des frais de scolarité a été, nous le savons, le prétexte, la goutte d’eau, la limite franchie, qui vous a fait dire que ça ne peut plus durer.

Ça ne peut plus durer, je vous ai entendus et je veux être à vos côtés. L’État au service de la grande entreprise. La destruction de notre patrimoine naturel. Le saccage de nos ressources. La dilapidation des fonds publics vers des intérêts privés. La vente à rabais de nos richesses collectives. La démolition de notre couverture sociale. Le mépris de la société civile.

Ça ne peut plus durer. Comme vous, je me sens indignée. Comme vous, je veux contribuer à ce que nous fassions les choses autrement.

C’est en toute humilité que je me présente devant vous aujourd’hui. La mobilisation sans précédent qu’a connu le Québec ce printemps ne doit pas rester lettre morte. Je vous demande de me confier le mandat de m’en faire l’écho à l’Assemblée Nationale. Je vous demande de confier à mon équipe le mandat de diriger un Québec résolument tourné vers l’avenir, un Québec inclusif, prospère, juste, démocratique.

Vous me connaissez depuis longtemps. Je suis consciente de ne pas faire l’unanimité. Je suis consciente d’avoir commis des erreurs dans le passé. Je suis fière, aussi, d’avoir démontré à de nombreuses reprises mon engagement auprès des familles, des enfants et des plus démunis du Québec, et d’avoir mis en place des programmes qui ont contribué à faire de notre coin du monde le paradis des jeunes familles.

Je sais que ce n’est pas suffisant. Je sais aussi qu’une bonne partie d’entre vous souhaitez que je fasse mieux. D’énormes défis nous attendent et je vous demande de me permettre de les relever.

En ce sens, comme gage de ma bonne foi et de mon engagement à vous représenter, je vous annonce que les candidats du Parti Québécois en lutte avec des candidats de Québec Solidaire ou d’Option Nationale dans des comtés où la division du vote pourrait donner la victoire aux Libéraux se retirent aujourd’hui de la course et se rangent du côté du parti majoritaire.

Nous voulons que soit remplacé le gouvernement responsable de la crise que nous vivons actuellement. Par conséquent, le Parti Québécois accepte que, en cas de gouvernement minoritaire, Québec Solidaire et Option Nationale puissent avoir la balance du pouvoir. Nous sommes prêts à travailler avec eux afin de restaurer la paix sociale et de rétablir le dialogue avec la population du Québec.

Le premier geste d’un gouvernement du Parti Québécois sera d’enclencher les démarches pour instaurer un mode de scrutin proportionnel.  Si à terme la conséquence était de saborder notre parti parce que telle est la volonté populaire, soit. Nous prenons ce risque parce que la démocratie a suffisamment été malmenée et que nous avons un urgent besoin de restaurer la confiance des citoyens envers nos institutions, à commencer par les institutions politiques.

Aussi, je m’engage personnellement à en faire une priorité absolue.

Je tends la main à nos amis anglophones et allophones, nos amis qui craignent l’avènement d’un gouvernement souverainiste. Le Parti Québécois vous a laissé tomber à de trop nombreuses occasions, c’est vrai. Nos visions diffèrent sur les questions nationale et linguistique. Je comprends vos craintes et je veux travailler à y remédier. Dans une société démocratique, il n’est pas normal que vous vous sentiez contraints de voter pour un parti qui ne représente pas vos valeurs fondamentales. Vous devez aussi pouvoir choisir. Sachez, amis, que, malgré nos divergences, plusieurs de vos préoccupations sont aussi les nôtres et que nous voulons travailler avec vous pour construire le Québec de demain.

Un gouvernement du Parti Québécois travaillera pour le mieux-être de tous les Québécois. Je vous annonce aujourd’hui que nous lancerons un grand chantier  qui mettra le Québec sur la voie de l’économie du XXIè siècle, une économie verte. Notre objectif est de faire du Québec un exemple mondial en termes de développement durable. Nous prenons solennellement  les engagements suivants :

  1. Un gouvernement du Parti Québécois  mettra en valeur les richesses de notre territoire en encourageant financièrement toutes les initiatives de développement des ressources énergétiques alternatives : éolienne, solaire, biomasse, thalasso-énergie, géothermie. Ceci, tant au niveau individuel, par le biais de subventions à la conversion énergétique et aux nouvelles constructions, qu’au niveau collectif en revoyant les mandats et méthodes de notre société d’État, Hydro-Québec. Je veux mettre fin à la destruction des ressources – extraction des gaz de schistes, Plan Nord, exploitation pétrolière, méthodes d’une époque révolue et fuite de capitaux collectifs vers l’étranger – et faire du Québec un leader mondial en matière de développement durable. Au plan économique, cela se traduira par la création d’emplois d’avenir, l’encouragement d’investissements privés dans le secteur des énergies renouvelables et l’accroissement des retombées associées à l’éco-tourisme. C’est possible, c’est souhaitable, c’est économiquement rentable, socialement responsable et porteur d’avenir. Je veux que le Québec devienne une inspiration pour les nations du monde.
  2. Nous avons le savoir, nous avons le génie, nous avons le savoir-faire, nous avons les structures, nous avons les ressources; nous avons construit des voitures pour des compagnies américaines, japonaises, allemande, coréenne. Je m’engage à tout mettre en œuvre pour que le Québec ne travaille plus en sous-traitance pour des entreprises étrangères. Créons, achetons et exportons la voiture québécoise, propre, abordable, durable, recyclable. Devenons les pionniers du virage éco-énergétique mondial. Un gouvernement du Parti Québécois investira massivement dans la voiture électrique québécoise et fera de celle-ci un succès. Nous avons la volonté politique, nous relancerons l’industrie automobile, nous créerons de l’emploi et de la prospérité et concurrencerons les grands de l’automobile dans le monde.
  3. Nous avons l’eau et les forêts. Valorisons-les. Protégeons-les. Nettoyons notre grand fleuve, nettoyons nos berges, reboisons, décontaminons, encourageons une agriculture locale, propre, sans pesticides ni OGM, naturelle. Décourageons les coupes à blanc, les mines à ciel ouvert, l’usage de l’eau potable pour l’industrie gazière. Devenons la première économie forte de son respect de l’environnement et des ressources. Utilisons notre intelligence pour nous développer. Soyons de notre époque, sortons de la logique mortifère à laquelle nous contraint depuis trop longtemps un système économique sans foi ni loi. Je m’engage à travailler à faire du Québec, d’Orford jusqu’à notre Grand-Nord, un exemple de préservation de la biodiversité et de la cohabitation humain-environnement.
  4. Vous savez mon engagement envers les familles, envers les étudiants, envers les aînés. Mes amis, nous ne sommes pas un rapiéçage d’identités fragmentées, nous ne sommes pas un assemblage de groupes d’âge, de groupes ethniques, de groupes linguistiques, de groupes socio-économiques, de groupes régionaux, de groupes d’intérêt. Nous sommes Québécois. Prenons soin les uns des autres, partageons nos richesses avec les moins nantis, accueillons les immigrants, soutenons les personnes malades et vulnérables, offrons-leur des services sociaux dignes de ce nom. Complétons le virage ambulatoire. Soutenons les aidants. Unissons-nous, travaillons ensemble, donnons à notre jeunesse la chance de s’instruire, comme l’ont eue les plus vieux, afin qu’elle puisse à son tour contribuer au bien-être collectif. La gratuité à l’université, c’est possible, c’est souhaitable, c’est économiquement intelligent.

Ce printemps, les étudiants nous ont prouvé leur maturité, leur intelligence, leur sens éthique… Ils nous ont montré ce que signifie avoir le courage de ses convictions. Nous avons compris la leçon qu’ils nous ont donnée et nous nous inclinons devant la pertinence de leurs arguments. Une société instruite est une société riche.

Je ne vous demande plus, amis, concitoyens, d’élire un gouvernement du Parti Québécois uniquement pour remplacer un gouvernement usé qui a gravement manqué à ses obligations. Je ne vous demande plus d’élire un gouvernement du Parti Québécois uniquement pour que je sois la première femme à la tête du Québec.

Je vous demande humblement de me confier le mandat de réaliser votre projet de société, celui au nom duquel vous avez bravé la pluie et le froid ce printemps, celui qui a fait sortir de leur silence ceux d’entre vous qui avaient perdu foi en la possibilité d’agir sur le monde, celui qui nous a tous réveillés, moi comprise, et nous a sorti de notre cynisme complaisant.

Étudiants, citoyens, amis… J’ai compris votre message. C’est votre espoir que je veux honorer. C’est votre indignation que je veux apaiser. Il est plus que temps que nous vous redonnions voix au chapitre, nous les politiciens. C’est un mandat pour vous servir que je vous demande.

Merci.»

Si elle disait quelque chose comme ça… on aimerait bien et ça pourrait peut-être aider un peu.

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Comments
5 Responses to “Le discours de Mme Marois… que j’aimerais entendre”
  1. QS dit quelque chose qui ressemble beaucoup a ca …
    Pour attendre avec de faux espoirs quand la realite est la devant nos yeux?

  2. Sortie 252 dit :

    Je vote pour Nathalie Ragheb.
    Cynthia

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