Comment je ne suis pas devenue psychanalyste

 Article paru dans le dossier « Qu’est la psychanalyse devenue? » de la Revue Filigrane, Volume 23, no 1, Printemps 2014

[Photo: Edmund Engelmann, Vienne, 1938]

À partir du récit elliptique d’un parcours individuel, au plus près d’une subjectivité qui ne cesse de lui échapper et dans une position d’extériorité face aux milieux psychanalytiques, l’auteure tente d’élaborer des éléments de réponse à la question de ce qu’est la psychanalyse devenue.  

Car Je est un autre. Si le cuivre s’éveille clairon, il n’y a rien de sa faute. Cela m’est évident : j’assiste à l’éclosion de ma pensée : je la regarde, je l’écoute : je lance un coup d’archet : la symphonie fait son remuement dans les profondeurs, ou vient d’un bond sur la scène.

Arthur Rimbaud, 1871

Qu’on veuille bien me pardonner d’écrire ici à la première personne du singulier. Non pas au « je » moïque de notre époque Facebook, MySpace, Twitter et autres Instagram. Non pas au « je » de l’affirmation identitaire, de l’assomption d’une image reflétée dans la glace ou sur un iPhone.

J’écris à la première personne du subjectif, celle qui s’adresse à un « tu » amical, ou à un « vous » déférent, celle que requièrent la forme épistolaire, le témoignage, la confidence.

Après tout, je ne suis qu’une clinicienne de bureau, comme autrefois on disait médecin de campagne, désaffiliée de surcroît. Je ne peux m’autoriser la neutralité savante de l’universitaire ou du membre en règle d’une institution psychanalytique. Électron libre, je ne peux parler que depuis un postulat, hérité du temps où je fréquentais la psychanalyse : il n’y a de vérité que subjective.

« Je est un autre », comme dit le poète. Il ne peut exister sans « vous », dont je sollicite l’indulgence tandis que je cherche à ordonner un peu les bonds et les remuements de ma pensée.

J’écris au « Je » pour d’abord raconter une histoire qui le mérite peut-être. À vous d’en juger. Je vous la soumets en souvenir d’un temps où la question de ce qu’était devenue la psychanalyse m’occupait beaucoup. Et aussi parce que j’ai connu d’autres « Je » qui en ont raconté de semblables, en privé, de vive voix, sans les écrire, sans en laisser de traces, parce qu’elles semblent anecdotiques, parce que le narrateur est hors circuit ou parce qu’il est passé à autre chose.

Il s’agit de raconter comment, après de longues études universitaires, de nombreuses années de préparation et quelques expériences, je ne suis finalement pas devenue psychanalyste. Peut-être le récit elliptique d’un parcours individuel est-il susceptible d’offrir quelques enseignements, ou, à tout le moins, de trouver un écho quelque part.

I. COMMENT DÉBUTA LA CHOSE ET COMMENT ELLE SE TRANSFORMA 

1. LES BALBUTIEMENTS

Elle me fascinait, cette photo défraîchie d’un divan recouvert d’un tapis d’orient. On y voyait presque l’odeur du cigare, le son de la pluie sur la fenêtre, l’ambiance feutrée d’un cabinet des années vingt. J’imaginais des trésors de paroles prononcées en confidence, des mystères décodés, des vérités surgissant des profondeurs de l’inconscient. Installée à une table de bistrot, sirotant un café, la jeune étudiante en lettres que j’étais se plongeait dans des tas de lectures captivantes. Je lisais par exemple des choses comme :

«Si vous voulez en apprendre davantage sur la féminité, interrogez votre propre expérience, adressez-vous aux poètes ou bien attendez que la science soit en état de vous donner des renseignements plus approfondis et plus coordonnés. » (Freud, 1932, 184)

Qu’un homme de sciences montre tant d’humilité et nous invite à nous adresser aux poètes pour davantage de savoir me fit aimer cet homme, me fit aimer les poètes, me donnait envie d’aller plus loin.

C’était l’époque des balbutiements, où j’apprenais à penser, où je pouvais tout lire parce que je n’avais pratiquement que ça à faire et parce que, en littérature, aucun auteur n’est à l’index. C’était l’époque de la grande illusion romantique, tissage de toutes ces lectures, l’époque où je commençai à concevoir le projet de devenir psychanalyste.

2. QUESTION SIMPLE: DEVENIR PSYCHANALYSTE, COMMENT JE FAIS ÇA ?

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage, / Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage, / Polissez-le sans cesse, et le repolissez, / Ajoutez quelquefois, et souvent effacez.

Nicolas Boileau, 1674

Les littéraires le savent, en dehors de leur milieu, on ne les prend pas sérieux. Avoir consulté poètes et philosophes, c’était valable dans les années vingt ; les temps ont changé. C’est dommage, mais c’est comme ça.

J’étais très sérieuse dans mon projet de devenir psychanalyste ; aussi me fallait-il tout reprendre du début, ce que je fis en psychologie, cette fois. Sacrifice de trois ans de baccalauréat, à l’étude de la statistique, des méthodes de recherche quantitative, de la psychopharmacologie et que sais-je encore, dans l’espoir d’accéder un jour à un trésor de connaissances sur les profondeurs de l’âme humaine.

Quels ne furent pas mon étonnement et ma déception, une fois arrivée au doctorat, d’entendre, de la bouche d’un professeur : « La psychanalyse ne s’enseigne pas à l’université. »

– Alors, comment je fais, maintenant ? Où je vais ?

– Vous devrez commencer par votre propre analyse, répondit-il.

J’étais pauvre, alors j’allais voir depuis quelques années un psychiatre psychanalyste qui n’était membre d’aucune école. Éventuellement, il me fallut comprendre que ça ne comptait pas. Ce n’était pas une vraie psychanalyse. De toute façon, il n’y avait pas de divan dans son bureau, ni de tapisserie exotique et surannée.

– Alors, comment je fais, maintenant ? Où je vais ?

– Tu dois t’étendre plusieurs fois par semaine sur un divan et payer, m’expliqua un ami qui faisait exactement ça.

J’ai donc trouvé du travail, par chance dans mon domaine. Tous mes collègues s’intéressaient à la psychanalyse, nous travaillions très fort, dans la marge, auprès de personnes psychotiques ou en situation de crise. J’apprenais tant, il me semblait que j’y arrivais. Nous formions des groupes de travail, j’assistais à des colloques, j’en organisais et, en plus, je pouvais payer une vraie de vraie psychanalyse, plusieurs fois par semaine, ardue et douloureuse.

Mais mon psychanalyste avait beau se dire psychanalyste, il n’était membre de rien. Ça ne comptait pas. De toute façon, son divan était moderne, son bureau modeste et lumineux. Comme il l’était lui-même, d’ailleurs.

– Alors, ai-je encore demandé, comment je fais, maintenant ? Où je vais ?

– Il faut devenir membre de la Société, m’a répondu gentiment un superviseur qui ne semblait pas comprendre pourquoi je me donnais tant de mal. À son époque, tout juste après la guerre, c’était plus simple ; il n’y avait pas cent mille écoles et autant de sortes de psychanalystes.

On le sait, pour être membre de la Société de Psychanalyse de Montréal, il faut notamment suivre une analyse didactique avec un didacticien ou un membre habilité. Serait-il bêtement capitaliste, ou névrotiquement pingre, de noter au passage que, ajouté au reste, ça finit par faire cher de la formation ?

Il y a bien sûr de nombreuses alternatives, comme de se joindre à d’autres groupes ou écoles, avec d’autres maîtres et d’autres règles, mais c’est à peine moins cher. On peut aussi, plus simplement, ne s’autoriser que de soi-même.

3. QU’ÉTAIT LA PSYCHANALYSE DEVENUE DANS CE TEMPS LÀ ?

Les seuls vrais paradis sont les paradis que l’on a perdus

Marcel Proust, 1927

 Souvent, dans ce temps là, nos maîtres déploraient que la psychanalyse n’était plus ce qu’elle avait autrefois été. Il y aurait eu un âge d’or, révolu, où les cabinets étaient fréquentés, où Freud s’enseignait à l’université, où les psychanalystes œuvraient dans les hôpitaux, où ils étaient bien vus et respectés. Faute à la résistance, au refoulement, au capitalisme ou à la science, qui sait, le monde avait changé. L’avenir de la psychanalyse leur semblait sombre. C’était dommage, mais c’était comme ça.

Dans ce temps là, novices sans école, nous naviguions sans problème entre différents milieux où on parlait de psychanalyse : l’universitaire, le communautaire, l’institutionnel… Nous avions de nombreux maîtres et étions à même d’entendre comment, peu importe lequel d’entre eux prenait la parole et à quel sujet, il situait invariablement un «autre» – qui avait tort, qui ne savait pas, dont l’éthique était douteuse ou les assises incertaines, enfin – un «autre» de la psychanalyse, la «vraie», la «pure».

Pour les uns, l’«autre », c’était la psychologie scientifique ; pour les autres, c’étaient les universitaires ; certains voyaient les sociétaires comme des étrangers ; d’autres encore conspuaient les lacaniens… Chacun déplorait que la psychanalyse ne trouvait plus sa place dans la société.

Quand on est assoiffé de savoir et qu’on le cherche partout où on peut, un tel communautarisme est affolant. Chaque discours déconstruit le précédent et l’élève peine à trouver un socle solide sur lequel s’appuyer.

La déprime me gagnait peu à peu. Alors, avec des collègues jeunes, fougueux, résolus, j’ai décidé de lutter.

« Il nous est donc arrivé, au fil de nos rencontres, de traverser des moments de déprime face à ce qui nous est apparu comme un éclatement non pas du discours, mais des discours psychanalytiques, face au morcellement des lieux où il nous était possible d’adresser nos interrogations, face à la multitude, à la diversité, voire au contraste des réponses qui nous y étaient proposées, face aussi à l’absence du discours psychanalytique dans le champ social.» (Ragheb, 1998)

En réaction à notre malaise grandissant, nous avions organisé un colloque intitulé «De la pilule à la parole. La place de la psychanalyse dans le système québécois de soins en santé mentale» Malgré ce qu’on nous avait prédit, des psychanalystes de tous horizons et de toutes écoles, qui habituellement ne se fréquentaient pas ni ne se parlaient, étaient venus échanger au sujet de leur travail, de leur expérience et de leur vision. Ce fut une magnifique journée, stimulante, enrichissante, porteuse d’espoir.

Puis, chacun retourna à son milieu et à ses occupations. Ont-ils continué de se parler ? Ont-ils cherché à travailler ensemble ?

C’était il y a près de 15 ans. Comment la place de la psychanalyse dans le champ social et « l’arrimage entre [la société] et les cliniciens, la théorie, la pratique et l’institution psychanalytiques» est-elle encore à l’ordre du jour ?

II. DE LA PSYCHANALYSE ET DES HOMMES

1. COMMUNAUTÉ MINORITAIRE

Pour prévoir l’avenir, il faut connaître le passé, car les événements de ce monde ont en tout temps des liens aux temps qui les ont précédés. Créés par des hommes animés des mêmes passions, ces événements doivent nécessairement avoir les mêmes résultats.

Nicolas Machiavel, 1531

Au hasard d’une discussion récente, une jeune personne affirme : «Les lacaniens font des séances de 10 minutes, et puis, merci, bonsoir!» Ce commentaire, je l’entendais souvent, presque mot pour mot, il y a 15 ans. On disait aussi la même chose, dans des termes très similaires, à Paris, à la fin des années cinquante (De Mijolla, 1982).

À l’époque où je cherchais beaucoup, j’entendais souvent le mot « transmission. » Était-ce donc de ça que l’on parlait – de la passation de préjugés d’une génération à l’autre ?

Bien sûr, l’histoire des démêlées d’un nommé Jacques Lacan avec la Société psychanalytique de Paris et une certaine Princesse Marie Bonaparte est captivante. Comme l’histoire de la déception d’un Freud face à son dauphin bien-aimé, Carl Jung. Comme l’histoire de la dérive folle d’un certain Sandor Ferenczie. Comme l’histoire des mésententes entre une Mélanie Klein et une Anna Freud. Comme l’histoire d’Edward Louis Berneys qui s’est inspiré des découvertes de son oncle Sigmund Freud pour façonner l’Amérique moderne[1].

Tout ça se lit comme un roman balzacien, avec des héros, des aristocrates, des bourgeois, des malheureux, des amours et des trahisons. C’est enlevant et on attend l’adaptation cinématographique.

Pourtant, au plan de la clinique, de la théorie, de la praxis, de l’epistémè, de la doxa, on se demande encore où en est. Qu’est la psychanalyse devenue ? La question embrasse large.

Les réponses diffèreront-elles selon qu’on soit freudien, kleinien, winnocottien, lacanien, jungien, membre de la Société, de la Libre-Association, de l’APPQ, du Gifric, les nommerai-je tous ? Lesquels sont les vrais, lesquels sont les faux ? Si le passé est garant de l’avenir, oserais-je avancer que les vrais sont ceux qui sont de notre clan, peu importe qui nous sommes… et que les faux, ce sont tous les autres ?

Dans un tel contexte, je ne saurai jamais ce qu’est la psychanalyse. Ai-je erré à me dire qu’au fond, c’est une communauté éclatée, polythéiste, dont l’un des principaux soucis est de revendiquer sa singularité dans le monde de toutes les singularités ? Un communautarisme dans une société multiculturelle ?

2. L’IDENTITÉ PSYCHANALYTIQUE

Notre savoir consiste en grande partie à « croire savoir », et à croire que d’autres savent

Paul Valéry, 1937

Pardon de vous le dire, j’ai marché un temps dans mes petits souliers, admirative, intimidée, médusée. Il y avait tant de maîtres et tant de mots que j’aimais, sans les comprendre tous. Je transportais aussi cette fragilité particulière de l’analysant en cours d’analyse.

Et, autour de moi, circulait cette idée que, « depuis ses débuts, la psychanalyse a toujours été ici ou là, tantôt plus tantôt moins, l’objet d’attaques, de rejets et d’interdits, mais jamais d’indifférence.» (Dufresne, 1999, 22) Les attaques fusaient de toutes parts, semblait-il. La psychanalyse n’est pas scientifique ; elle n’est pas efficace ; elle est une secte ; elle est misogyne ; elle est une supercherie ; elle cause des torts irréparables aux gens, etc., etc.

Beaucoup d’encre analytique a coulé au sujet des motifs inavoués de ces attaques virulentes, mais je n’ai pas eu le privilège de lire ou d’entendre beaucoup de choses sur les effets de ces attaques sur les psychanalystes eux-mêmes et sur les communautés dont ils se réclament.

Il y a sans doute quelque chose de potentiellement traumatique, où d’à tout le moins exténuant, à pratiquer un métier et à se référer à une théorie honnis et persécutés. Quelque chose de propice au repli identitaire tel que l’ont connu, à travers les âges, les groupes minoritaires.

Le destin du repli identitaire, c’est l’isolement, le morcellement, l’inceste.

«Si on ne va pas voir ailleurs, on reste coincé dans l’inceste», s’était un jour exclamé l’un de mes maîtres dans le cadre d’un colloque, en réponse à une intervention critique au sujet de son intérêt pour les neurosciences.

Qu’on ait une envie soudaine d’ouvrir les fenêtres pour laisser entrer l’air du dehors est sain. Que cette envie prenne la forme d’un désir de sortir de la psychanalyse, comme on quitte un pays pour émigrer, a peut-être de quoi étonner. Je veux dire pour un psychanalyste, dont l’habitude est de tout suspecter.

3. IL ADVINT DE MA PSYCHANALYSE QU’UN BEAU JOUR TOUT S’INTERROMPIT NET

La rupture est faite, l’amour s’est envolé : bon voyage !

George Sand, 1866

Toujours est-il qu’après des années de formation académique, de travail clinique pour acquérir de l’expérience et payer une psychanalyse, après des lectures bien plus arides qu’au temps de ma jeunesse littéraire, après des conférences, des colloques, des supervisions, d’intenses discussions avec des collègues et des camarades d’université, après avoir développé un vocabulaire que je ne partageais qu’avec ceux et celles qui s’étaient initié au prix d’immenses efforts, un beau matin, simplement, cela m’apparut évident, « la symphonie [vint] d’un bond sur la scène.»

C’était terminé. Tout ça, c’était fini.

À la place du désir de lire ou d’écouter des psychanalystes apparut celui, impérieux, de lire des poètes et des philosophes. La volonté d’appartenir à l’une ou l’autre des communautés d’analystes fit place au plaisir de fréquenter des communautés d’enfants. Il n’y aurait pas de trésor de savoir à goûter au terme de ce périple ; les certitudes qui en tenaient lieu manifestèrent soudain leur évanescence.

La photo défraîchie d’un divan recouvert d’un tapis d’orient ne me séduisait plus. L’épiphanie n’aurait pas lieu.

Ou était-ce ça, l’épiphanie ? L’instant où tout ce vers quoi quelqu’un a tendu pendant près de deux décennies se révèle en tant que mirage ; le jour où le rideau se lève et où le transfert se dissipe ? Le moment où se manifeste l’urgence de passer à autre chose, d’aller voir ailleurs.

Alors, était-ce ça, l’épiphanie ? Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. Allez savoir. C’est ainsi, en tout cas, que je ne devins pas psychanalyste.

 ÉPILOGUE

Oh, ne prenez pas cela trop au sérieux. Il s’agit de quelque chose que j’ai imaginé un samedi après-midi de pluie.

Freud, au sujet de Totem et tabou, propos rapportés par Pulman, 1996

Nous avons appris à distinguer histoire vécue et histoire racontée. Bien de l’eau a coulé sous les ponts et, simple clinicienne de bureau, désaffiliée de surcroît, je dois reconnaître que je ne me souviens plus très bien de ce qui se passait vraiment dans ce temps là.

J’ai eu des maîtres qui ont marqué le cours de ma vie, certains pour le meilleur, certains pour le pire. Je tiens à honorer la mémoire de ceux-là qui nous ont quittés et saluer ceux que je n’ai pas revus. Mes camarades d’armes de l’époque de ma formation s’en sont allés, qui vers la gestion, qui vers le monde des affaires, qui vers le travail humanitaire, qui vers d’autres contrées.

La psychanalyse est restée en moi, quelque part. J’en perçois les échos, dans une manière d’entendre, d’accorder une attention soutenue à un dire plutôt qu’à un autre, quand je me souviens des mots de quelqu’un, lus ou entendus, et que je les prononce à mon tour.

Ce n’est plus une question de savoir, ce n’est pas non plus une question de communauté. Quand quelqu’un vient vers moi avec sa demande informulée, sa détresse indéfinissable, son symptôme encombrant, c’est dans le registre de l’être que je me place pour tenter de mieux entendre. Parfois, très subtilement, on sent que l’on s’est rencontré.

Je ne saurais le dire autrement ; j’ai troqué les mots savants pour autre chose et je n’ai plus besoin de dire «psychanalyse». Je fais mon travail de mon mieux, au meilleur de ce que je suis. C’est tout.

Comme au temps de mes balbutiements, les poètes, les philosophes, m’inspirent à nouveau. Autant qu’un jour le firent les psychanalystes.

RÉFÉRENCES

Boileau, N., 1674, L’Art poétique, Paris, Bordas, 1984

De Mijolla, A., 1982, La psychanalyse en France (1893-1965), in Jaccard, R. éd., Histoire de la Psychanalyse, Tome 2, Paris, Hachette, 5-114.

Dufresne, R., 1999, Faut-il tuer les psychanalystes ? Réflexions sur la place de la psychanalyse dans le réseau de la santé mentale au Québec, Filigrane, vol. 8, no 2, 21-32

Freud, S., 1932. La féminité, in Nouvelles conférences sur la psychanalyse, Paris, N.R.F. Gallimard, 153-185, 1952.

Machiavel, N., 1531, Discours sur la première décade de Tite-Live, Paris, N.R.F. Gallimard, 2004.

Proust, M., 1927, Le temps retrouvé, Paris, Gallimard, 1990.

Pulman, B., 1996, Une histoire comme ça. Présentation et traduction d’un texte de Robert R. Marett, Journal des anthropologues, n°64-65, 33-48.

Ragheb, N., 1998, Allocution d’ouverture, colloque De la pilule à la parole: La place de la psychanalyse dans le système québécois de soins en santé mentale, Cénacle du Fil d’Ariane, Montréal, Bibliothèque Nationale du Québec, 1e mai 1998.

Rimbaud, A., 1871, «Lettres dites « du Voyant » », in Poésies – Une saison en enfer –Illuminations, Paris, N.R.F. Gallimard, 199-206, 1973.

Sand, G., 1866, Monsieur Sylvestre, Genève, Slatkine Reprints, 1979

Valéry, P., 1937, L’Homme et la coquille, Paris, Gallimard, 1982.

[1] Voir à ce sujet le documentaire plusieurs fois primé d’Adam Curtis, The Century of self, 2002, BBC Four.

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Comments
4 Responses to “Comment je ne suis pas devenue psychanalyste”
  1. vatelechuza dit :

    Belle synthèse, belle trajectoire académique et ;poétique Nathalie. Finalement un ou une thérapeute ce n’est pas la totalité des parts mais le tricot sagement construit avec un sain éclectisme, imho , comme disent les photographes quand étalent une opinion..
    Après mes parcours dans le monde ‘psy’ tout court , je suis devenu un ‘ethno’ par la force naturelle des choses puisque l’Autre n’est pas toujours l’Étranger, mais bel et bien le Narcisse à peines réveillé, ou très bien réveillé que l’on rencontre dans différents Eclesiam de la Science ou de la Pensée. En somme tant pour vivre que pour survivre ce monde si cloisonné des toutes les classes et espèces de « Psy » je me suis identifié au Lac qui regardait sa propre beauté reflétée dans les pupilles de Narcisse (L’Alchimiste, Paulo Coelho)

    Merci de me permettre cette réflexion! J’aime beaucoup vos articles et surtout vos Paroles et Pensée!
    José Adolfo Segura

  2. Merci Nathalie pour ce beau texte rafraîchissant qui fait de toi une grande clinicienne, une poète, une littéraire, mais surtout une grande professionnelle qui ne reste rien au hasard. Bravo pour cette mise a nu, cet audace de parler ouvertement de ton cheminement. Et qui sait, peut être qu’une nouvelle forme d psychanalyse est en train de naître, la psychanalyse « Raghebienne ». Bravo

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